Algerië – Spanje: migrante wat aankoms met 11,5%

Algerië – Spanje: migrante wat aankoms met 11,5%

En deux semaines, plus de 330 exilés ont débarqué dans l’archipel des Baléares, à l’est de l’Espagne. Ce passage en mer Méditerranée est une des deux voies de la route migratoire algérienne, qui connaît cette année un regain d’intérêt : plus de 13 000 personnes l’ont empruntée, contre environ 11 000 en 2022.

Terwyl Madrid multiplie les mesures pour gérer les nombreuses arrivées de migrants aux Canaries, une autre route migratoire vers l’Espagne, plus confidentielle, reste bien active. Ces dernières semaines, de nombreux petits bateaux à moteur en fibre de verre ont débarqué à des milliers de kilomètres de là, dans l’archipel des Baléares. C’est l’une des deux voies d’accès à l’Espagne qui mène de l’Algérie à l’Espagne.

Mardi 21 novembre, à 4h15 du matin, 22 migrants d’origine subsaharienne ont été secourus au sud-est de Cala Figuera, petite localité de l’île de Majorque. Tous sont « apparemment en bonne santé », a indiqué Europa Press. Samedi 18 novembre, 18 exilés, originaires du Maghreb cette fois, ont été interceptés par la Guardia Civil à leur arrivée à Formentera, a annoncé la Délégation gouvernementale de l’archipel.

La veille, trois autres bateaux avec 23 personnes ont débarqué au même endroit ainsi qu’à Majorque, s’ajoutant aux 117 migrants arrivés entre mercredi 15 et jeudi 16 novembre. La semaine auparavant, 10 embarcations chargées de 158 ​​exilés au total ont débarqué sains et saufs aux Baléares.

Les routes maritimes à destination des îles Baléares débutent plus à l'est de l'Algérie. Crédit : Caminando Fronteras
Les routes maritimes à destination des îles Baléares débutent plus à l’est de l’Algérie. Crédit : Caminando Fronteras

Tous ces bateaux quittent les villes côtières de l’Algérie et parcourent ensuite, en deux jours, les 280 km qui les séparent du littoral des îles de Majorque, Formentera ou Ibiza. D’autres embarcations partent plus à l’ouest de l’Algérie, depuis Oran, Mostaganem ou Cherchell, et accostent dans les villes andalouses d’Almeria, Carthagène, ou Alicante.

Depuis le début de l’année, 13 044 migrants ont emprunté l’une de ces deux routes pour atteindre l’Espagne, contre 11 699 sur l’ensemble de 2022, soit une augmentation de 11,5%. D’après l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 102 migrants n’ont pas survécu à cette traversée au premier semestre 2023.

Le chemin qui passe par les Baléares a été, lui, emprunté jusqu’ici par 1 821 migrants, contre 2 579 pour toute l’année 2022, d’après un décompte de l’agence de presse EFE. Mais cet été, à la faveur de conditions météorologiques plus favorables aux traversées, ce passage en Méditerranée a connu une augmentation de 46,7% des arrivées par rapport à la même période l’année précédente. La situation avait poussé les autorités à installer un centre d’accueil provisoire à Palma, à Majorque, d’une capacité de 300 places.

Davantage de subsahariens

Depuis l’année dernière, le profil des migrants accueillis sur le sol espagnol via cette route a quelque peu évolué. « Les nationalités maghrébines, en majorité algérienne, diminuent », note Ibiza Koerant. D’après la Croix-Rouge des Baléares, cette année, 40% des passagers sont originaires de différents pays d’Afrique subsaharienne. Alors qu’en 2022, ils ne représentaient que 11,8% du nombre total de personnes secourues dans cet archipel.

Selon Victòria Avellà, responsable de la santé, des secours et des urgences de l’ONG, citée par le journal, ces derniers entreprennent la traversée en mer « dans des conditions moins favorables que les Algériens ». « Ils [les Africains subsahariens, ndlr] montent dans des bateaux avec 20 ou 25 personnes, alors que les mêmes embarcations empruntées par les Algériens dépassent rarement les 15 passagers ».

La responsable affirme aussi que les migrants subsahariens sont plus vulnérables une fois arrivés aux Baléares. « Les Algériens ont un itinéraire plus défini quant à leur destination finale », assure-t-elle. Pour nombre d’entre eux, l’Espagne n’est qu’une étape avant leur installation en France, où ils rejoignent un ou plusieurs membres de leur famille. 

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Alpha Omar, lui, a choisi de rester à Ibiza. Ce jeune Guinéen a quitté son pays pour une « vie meilleure » ailleurs, témoigne-t-il auprès de la Croix-Rouge. Passé par le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, et le Niger, il a fini par prendre la mer en Algérie, lassé des « violences et insultes racistes de la part de la police ». Après une traversée difficile, et finalement secouru par les sauveteurs espagnols, Alpha Omar s’installe à Ibiza, où il est devenu bénévole pour la Croix-Rouge. Sur cette petite île des Baléares, il « aide les migrants francophones durant le débarquement et les jours suivants, en faisant de la traduction ».

Crise diplomatique

D’après Caminando Fronteras, cette route migratoire en Méditerranée « s’est véritablement consolidée en 2022 ». En cause, selon El Debat : le délitement des relations diplomatiques entre Madrid et Alger, au profit du Maroc. Si d’un côté, cette année-là, l’Espagne actait sa réconciliation avec le royaume via son soutien au plan marocain sur le Sahara occidental, elle gelait, dans le même temps, ses relations avec l’Algérie.

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De l’état des relations diplomatiques de l’Espagne avec les deux pays maghrébins découle ensuite l’intensité de la surveillance au large des côtes marocaines et algériennes, et des arrivées de migrants plus ou moins nombreuses.

L’annonce, le 16 novembre, de la nomination de Abdelfettah Daghmoum au poste d’ambassadeur algérien en Espagne, laissé vacant 19 mois, pourrait réchauffer quelque peu les relations entre Madrid et Alger et changer la donne sur les enjeux migratoires entre les deux pays.

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